01/10/26

Falcon lève 1,5 million d'euros pour en finir avec la facturation horaire dans les cabinets d'avocats

Bruxelles, le 2 octobre 2026 – Les entrepreneurs à l'origine de la plateforme de mobilité Mbrella, rachetée fin de l'année dernière par D'Ieteren, lancent Falcon avec Rémy Bonnaffé, ancien avocat chez Freshfields. Ce nouveau cabinet d'avocats entend réinventer les services juridiques aux entreprises grâce à l'intelligence artificielle, avec des contrats analysés dans la journée et des forfaits mensuels fixes en lieu et place de la facturation horaire. La start-up belge lève 1,5 million d'euros de nouveaux capitaux afin de rendre les services juridiques plus rapides et moins coûteux. Wim Dejonghe, ancien dirigeant d'Allen & Overy, rejoint notamment l'aventure en tant que conseiller. Loop Earplugs figure parmi les premiers clients payants.

Amaury Gérard, Quinten Vandermeulen et David Nguyen avaient auparavant développé Mbrella ensemble. Durant cette période de croissance, ils se sont régulièrement heurtés au même problème : des contrats qui restaient en attente pendant des semaines, retardant des transactions potentielles, tandis que les frais juridiques étaient difficiles à prévoir et grimpaient rapidement.

« Nous en avions assez de payer quatre mille euros pour ensuite attendre trois semaines un contrat que nous devions signer le vendredi », explique Amaury Gérard, cofondateur et CEO. « Nous avons donc créé ce que nous aurions nous-mêmes voulu avoir lorsque nous dirigions Mbrella. »

Avec Rémy Bonnaffé, ancien avocat chez Freshfields, ils ont accueilli un quatrième cofondateur, apportant l'expertise juridique nécessaire pour transformer cette frustration en un nouveau type de cabinet d'avocats.

L'IA avec une touche humaine : la rapidité sans compromis sur la qualité

Falcon se définit comme un cabinet d'avocats « AI-native », autrement dit un cabinet construit dès le départ autour de l'intelligence artificielle. Selon ses fondateurs, la différence ne réside pas dans l'utilisation de l'IA – de plus en plus de cabinets y ont recours – mais dans la manière dont Falcon a été conçu dès le départ. Falcon part du principe que l'IA peut prendre en charge une grande partie du travail juridique et organise sa technologie, ses processus et son modèle économique autour de cette approche.

Au début de la collaboration, les entreprises définissent leurs accords commerciaux et leur profil de risque dans un « playbook » juridique. Lorsqu'elles transmettent ensuite un contrat, par exemple via Slack ou Microsoft Teams, Falcon analyse le document sur la base de ces règles. Le système identifie les risques et propose des modifications. Un avocat vérifie ensuite le résultat et le valide personnellement avant que le contrat ne soit renvoyé au client le jour même.

« Nous ne vendons pas un outil d'IA permettant à un avocat de travailler plus rapidement », explique Quinten Vandermeulen, cofondateur. « Le travail juridique disparaît entièrement du bureau du client. L'IA effectue l'essentiel du travail, mais chaque résultat reste validé sous le nom et la responsabilité d'un avocat qualifié. »

Falcon commence par les contrats commerciaux tels que les NDA, les contrats avec les clients et fournisseurs et les DPA. Le cabinet remplace la facturation horaire traditionnelle par un forfait mensuel fixe.

Pourquoi les cabinets traditionnels auront du mal à se réinventer

Selon Falcon, une partie du problème réside dans la manière dont les cabinets d'avocats traditionnels gagnent de l'argent. Tant que les revenus, les promotions et les bonus restent liés au nombre d'heures facturables, l'incitation à réaliser le même travail juridique dix fois plus vite reste limitée.

« La facturation à l'heure n'est pas seulement la manière dont les cabinets d'avocats facturent leurs clients : c'est le principe autour duquel ils sont construits », explique Rémy Bonnaffé, cofondateur et Chief Legal Officer de Falcon. « Les promotions, les bonus, les recrutements : tout est calibré autour du décompte des heures. On peut difficilement demander à un avocat d'effectuer le même travail dix fois plus vite si cela signifie, dans le même temps, qu'il réduit son propre chiffre d'affaires. C'est pourquoi nous pensons que ce changement doit venir de l'extérieur des cabinets traditionnels. »

David Nguyen, cofondateur et CTO, s'attend dès lors à une transformation fondamentale du secteur : « Dans dix ans, les cabinets d'avocats seront totalement différents. Ils s'inspireront davantage des entreprises technologiques, qui construisent leur modèle autour de l'automatisation et de la capacité à opérer à grande échelle. Tout comme Revolut est fondamentalement structuré différemment d'une banque traditionnelle. »

Premiers clients et soutien du monde juridique

Parmi les premières entreprises à travailler avec Falcon figure la société belge Loop Earplugs. Après une phase de test, l'entreprise est passée à un contrat payant.

« Le prix n'a en réalité jamais été le facteur le plus important pour nous. La rapidité, oui », explique Dimitri O, cofondateur de Loop. « Un contrat qui reste deux semaines dans la boîte de réception de quelqu'un signifie qu'une transaction reste bloquée pendant deux semaines. »

Pour son lancement, Falcon bénéficie également d'un soutien notable issu du monde juridique. Wim Dejonghe, ancien global senior partner d'Allen & Overy, aujourd'hui A&O Shearman, devient founding advisor.

« L'IA offre l'occasion de repenser non seulement la manière dont le travail juridique est effectué, mais aussi la façon dont les services juridiques sont fournis et tarifés. », explique Dejonghe. « Falcon construit ce modèle à partir de zéro. »

1,5 million d'euros de capital de départ et un objectif d'un million d'euros d'ARR

Pour poursuivre le développement de son modèle, Falcon lève 1,5 million d'euros lors d'une levée de fonds pre-seed. Celle-ci est menée par le fonds bruxellois Syndicate One, aux côtés notamment de Stelena Capital, Greenpark Investment Partners, RDY Ventures et du fonds français Source Ventures. Douze business angels issus des secteurs juridique et technologique investissent également, parmi lesquels Tim Vandecasteele, ancien dirigeant de Silverfin.

Basé à Gand et Bruxelles, Falcon cible, outre son marché d'origine belge, les Pays-Bas, la France et le Royaume-Uni. Falcon vise un million d'euros d'ARR (revenus annuels récurrents) au cours de sa première année.

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