17/12/10

Prévention du blanchiment et harcèlement: les deux visages de la loi

Les banques belges ne laissent aucun répit à leurs clients pour obtenir les informations requises dans le cadre de la lutte contre le blanchiment. Les clients se sentent inutilement harcelés. Cette pression met à mal le sacro-saint anonymat bancaire qui caractérisait la Belgique jusqu’à une période peu éloignée. Les banques ont-elle raison ?

La liste des « organismes » soumis à la législation anti-blanchiment n’a cessé de s’allonger au cours des derniers mois.

La circulaire du 23 février 2010 de la CBFA fait peser sur ces organismes des obligations de plus en plus lourdes et précises, faisant du métier de « responsable de la préventiondu blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme » un métier à part entière. Selon la taille des banques, pour ne parler que d’elles, la correcte exécution de cette fonction nécessite parfois la création d’un team important entièrement dédié à la lutte contre le blanchiment.

Tout établissement de crédit qui se respecte met bien entendu un point d’honneur à obéir scrupuleusement au prescrit de la loi et de cette nouvelle circulaire.
Immanquablement, les clients en font les frais. C’est vrai qu’il n’est pas simple de passer d’un anonymat légalement organisé (possession de titres au porteur) à une révélation forcée et précise d’informations multiples (identification du client mais aussi du bénéficiaire effectif, politique d’acceptation du client fondée sur sa « réputation », etc..).

Ces obligations strictes qui reposent sur les banques ne se manifestent pas uniquement au moment de l’entrée en relation mais également tout au long de cette relation.Les clients ont ainsi l’impression de subir un véritable harcèlement de la part de leurs banquiers . Les interfaces que sont les chargés de clientèle, les employés d’agence ou les private bankers sont pris à partie par une clientèle furieuse de devoir ainsi répondre à ce qu’elle ressent la plupart du temps comme une véritable violation de sa vie privée.

Et pourtant, il faudra bien s’y habituer. Les banques sont dans le bon. L’anonymat bancaire appartient désormais au passé !

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